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| Les
Thériaults du Nouveau-Brunswick |
par
Daniel Thériault
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L’Ancêtre
de tous les THÉRIAULT d’Amérique est Jehan
Terriau, un laboureur poitevin recruté pour l’Acadie au milieu du
17ième siècle par Charles de Menou, sieur d’Aulnay
et de Charnisay et gouverneur d’Acadie (1635-1650).
On ne possède
pas l’acte de naissance de Jehan Terriau mais, lors du premier recensement
de l’Acadie en 1671, on apprend qu’il vit au Port-Royal, âgé
de 70 ans et que son épouse Perrine Rau est âgée de
60 ans. L’Ainé de ses enfants, Claude, est alors âgé
de 34 ans (probablement né en France vers 1637).
On n’a jamais
retrouvé le contrat d’embarquement de cette famille. Les spécialistes
de l’histoire et de la généalogie des Acadiens affirment
que Jehan Terriau a été recruté par son maître
Charles de Menou devenu lieutenant-général de l’Acadie à
la mort de son cousin Isaak de Razilly en 1635.
On sait que
Menou d’Aulnay a effectuer deux importants voyages de recrutement en France
en 1642 et 1644. A chaque occasion, il a ramené en Acadie
des colons avec leur famille. Plusieurs croient que l’ancêtre
Jehan Terriau est originaire du village de Martaizé à quelques
kilomètres de LaChaussée et faisant partie du fief de la
famille de Charles de Menou d’Aulnay, dans l’ancienne province du Poitou
(aujourd’hui département de la Vienne). Il est dont vraisemblable
que notre ancêtre accepte un contrat d’engagement de 36 mois pour
l’Acadie, qu’il traverse à partir de LaRochelle et qu’on le trouve
au Port-Royal en 1644 parmi les ``vingt ménages français
qui on commencer à peupler le pays``. Il s’est établit
sur la rive nord de la rivière du Dauphin, dans une localité
aujourd’hui appelé Belleisle.
Dans
le Nord-Est
Les Thériault
originaire du comté de Gloucester sont issue d’une seule lignée.
L’ancêtre Jehan Terriau, époux de Perrine Rau eut 7 enfants,
dont Claude, né en France vers 1637 et qui épousa à
Port-Royal vers 1661 Marie Gautreau, fille de François et d’Edmée
Lejeune. De cette union naquirent 14 enfants dont Germain qui, avant
de s’établir à Rivière-aux-Canards près de
Grand-Pré, épousa Anne Richard, fille de Michel et Madeleine
Blanchard. Leurs fils Joseph se maria avec Marguerite Melanson, fille
de Jean et Marguerite Dugas. Leurs fils Joseph, né en 1723,
est l’ancêtre des Thériault du comté de Gloucester
et d’une partie de ceux du Madawaska. Il s’est marié deux
fois. En première noce avec Angélique Landry, fille
de Jean et Claire LeBlanc, et soeur d’Alexis Landry pionniers de Caraquet,
et en deuxième noces avec Marie-Josèphe Girouard, fille de
Germain et Marie Doucet. De la première union avec Angélique
Landry est né un fils qui portera le prénom de son père
et qui s’établira au Madawaska.
Lors de la
dispersion des Acadiens en 1755, Joseph Thériault, époux
de Marie-Josèphe Girouard, se réfugia avec son garçon,
Joseph, à la rivière Saint-Jean, dans le village acadien
de la Pointe Sainte-Anne (aujourd’hui Fredericton, N.-B.). Ce village
fut complètement détruit par les troupes anglaises au mois
de février 1759 et les Acadiens se réfugièrent dans
les bois pour ensuite remonter la rivère Saint-Jean jusqu’au fleuve
Saint-Laurent. Plusieurs familles s’établirent à Trois-Pistoles
Cacouna, l’Islet, etc. Joseph Thériault s’arrêta d’abord
à Trois-Pistoles avec un groupe d’Acadiens où il s’établit
et fit baptiser en 1760 un fils, Pierre. Il reprit la route pour
Cap-St-Ignace où il s’établit et fit baptiser le 13 novembre
1761, un fils du nom de Victor.
En 1767, Joseph
Thériault décida de revenir tenter sa chance sur la rivière
Saint-Jean, près du village en ruine de la Pointe Sainte-Anne.
Le 28 septembre 1767, il faisait baptiser à Nashwaak (localité
faisant actuellement partie de la ville de Fredericton), une fille du nom
de Marie-Anne. Il est le premier Acadien connu à revenir de
Québec pour s’établir dans la région de Fredericton.
Il s’installa avec sa famille sur une île de la rivère Saint-Jean,
sise à l’embouchure de la rivère Keswick, appelé l’île-au-sucre.
La tranquillité
des Acadiens sur la rivière Saint-Jean fut de courte durée.
Lorsque la révolution américaine éclata en 1776, ils
prirent parti pour les rebelles. Les Anglais, en guise de représailles,
brûlèrent plusieurs de leurs maisons. Avec l’arrivée
en grand nombre de Loyalistes en 1783-1784, la majorité des Acadiens
décidèrent de quitter leur colonie dont l’environnement était
subitement devenu anglo-protestant pour aller fonder le Madawaska et rejoindre
leur compatriotes dans les villages de Caraquet, Népisiguit, Tracadie,
Memramcook, etc. Ce serait à cette occasion que le vieux Jean-Baptiste
Cyr dit Croque aurait dit : ``Mon Dieu, serait-il vrai que vous ne faites
plus de terre pour les Cayens?``
Joseph Thériault
était du nombre de ceux qui avait décidé de partir.
Le 15 juillet 1786, il vendait son établissement de 100 acres sur
l’île-au-sucre à un loyaliste, Frederick DePeyster.
Il reprenait le bâton du voyageur et avec ce qu’il pu apporter de
mobilier et d’effets personnels et ses enfants dont la plupart étaient
maintenant adultes, il se mit à la tête d’une petite caravane
avec les Godin et les Pinet pour atteindre Caraquet vers la fin de l’été
1786.
L’été
précédente, il avait demandé au gouverneur, Thomas
Carleton, la permission de pouvoir vendre sa terre et d’en obtenir une
autre à la rivière Miramichi. Cette permission lui
fut accordée, mais il dû changer d’avis puisque le 7 juillet
1786, il demanda pour une terre à Caraquet, ce qui lui fut également
accordée. Le 27 avril 1787, Joseph Thériault recevait
pour lui et ses garçons les titres officiels de lots de terre à
Caraquet. Il obtenait ainsi un lot de 230 acres (no. 7). Ses
garçons, Jean-Baptiste, Victor, François et Pierre obtenenaient
les lots 6, 8, 9 et 10. Les lots 1 à 5 furent accordés
aux Godin et les lots 11 et 12 aux Pinet. Ces familles sont les fondateurs
du village actuel de Bertrand. Joseph Thériault est décédé
à Caraquet vers 1795 et fut enterré dans le petit cimetière
de Sainte-Anne-du-bocage. Son épouse, Marie-Josèphe
Girouard est décédée à Caraquet le 4 octobre
1823, âgée de 89 ans.
Dans
le Nord-Ouest
La première
famille Thériault à s’établir dans le Madawaska fut
celle de Joseph Thériault, fils de Joseph Thériault que nous
venons de voir et d’Angélique Landry, sa première épouse.
Joseph suivit son père durant le grand dérangement pour se
retrouvé avec lui à la rivière Saint-Jean en 1767
où il est parrain pour le baptême de sa demi-soeur, Marie-Anne.
L’année suivante il épousa à Écoupag (mission
indienne située près de l’actuelle ville de Fredericton),
Madeleine Thibodeau, fille de Jean-Baptiste et Marie-Blanche LeBlanc.
La soeur de Madeleine, Marguerite-Blanche, épouse de Joseph Cyr,
est la fameuse ``Tante Blanche`` qui accomplit des prodiges d’héroïsme
et de charité lors de la grande famine qu’a connue le Madawaska
en 1797.
Au contraire
de son père, Joseph décida de demeurer à la rivière
Saint-Jean malgré la présence de plusieurs loyalistes.
Joseph et sa famille s’établirent à la rivière Kennebeccasis.
Toutefois la présence d’un grand nombre de loyalistes a cet endroit
forca Joseph et d’autres Acadiens à quitter l’endroit. Le
23 février 1788 Joseph Thériault et deux de ses fils, Joseph
et Bélonie, et autres habitants de Kennebeccasis demandent des terres
à Turtle-Creek sur le Petitcoudiac. La requête ne semble
pas avoir été accordée car nous voyons les pétitionnaires
venir au Madawaska.
De fait, en
1789, Joseph Thériault et sa famille, ainsi que d’autre famille
acadienne dont celle d’Olivier Thibodeau et de François Violette,
ont entendu dire que le gouvernement encourage la colonisation du haut
de la rivière Saint-Jean et ils désirent y émigrer
afin de pouvoir y établir leur fils. Le désir pour
Joseph de devenir propriétaire d’une terre et de garder ses enfants
près de lui l’incite sûrement dans sa décision de s’établir
au Madawaska. La même année ces familles demandent des
terres au Madawaska. Cette requête est accordée et en
décembre 1789 Joseph et sa famille s’établirent au Madawaska.
Ainsi s’ouvre
la concession de `` Germain Saucier et vingt-trois autres colons``.
Elle s’étendait de la Rivière-Verte à la Grande-Rivière,
tant d’un coté que de l’autre de la rivère Saint-Jean.
À Rivière-Verte, rive nord du St-Jean s’établirent
: Louis Ouellet, Olivier Thibodeau, Jean-Baptiste Thibodeau, Joseph Thériault
père, Joseph Thériault fils, Jean Thibodeau, Olivier Thibodeau
fils et Firmin Thibodeau. Joseph demeurait environ 250 mètres
au sud de la rivière verte. Il est décédé
en juin 1803 âgé de 56 ans et fut enterré au cimetière
de Saint-Basile. Son épouse se remaria avec Olivier Cyr.
Elle est décédée le 15 août 1823 âgée
de 75 ans.
La seconde
lignée de la famille Thériault au Madawaska remonte au fils
aîné de Germain Terriot et d’Anne Richard, Claude, qui épousa
à Beaubassin en 1710 Marguerite Cormier, fille de François
et de Marguerite LeBlanc. Ils eurent 12 enfants, dont Paul qui épousa
Anne Hébert, fille de Pierre et de Marie-Josèphe Belou, et
Joseph qui épousa à Beaubassin en 1747 Agnès Cormier,
fille de Pierre et de Catherine LeBlanc. Ces familles étaient
établis à Beaubassin lorsqu’a eu lieu la déportation
des Acadiens. Ils prirent la fuite vers la région de Québec
et s’installèrent dans le Bas-Saint-Laurent après la guerre
en 1763. Paul s’est établit dans la région de Rivière-Ouelle,
tandis que Joseph s’établit à LaPocatière. Ils
sont les ancêtres de tous les Thériault du Bas-Saint-Laurent.
Au cours du
19ième siècles plusieurs famille Thériault
en provenance du Bas-Saint-Laurent s’établirent au Madawaska.
La première fut celle de Charles Thériault, fils de Joseph
et d’Agnès Cormier, époux de Marie-Anne Blondeau, qui s’est
établit dans l’actuel paroisse de Saint-Jacques en 1828. Ensuite
vint Olivier, fils de Jean-Jacques (à Jacques à Paul) et
de Dorothée Beaulieu, époux de Sophie Bouchard, qui s’est
établit dans les rangs de Saint-Basile vers 1836. Dans les
régions de Drummond, Grand-Sault et Saint-André, s’installèrent
dans les années 1880 : Narcisse, époux de Clarisse Marquis;
Amable, époux de Philomène Clermont; Louis, époux
de Philomène Bourgoin; Jean-Baptiste, époux de Cédulie
Desjardins; Louis, époux d’Élise Godbout, Alfred, époux
d’Arsélia Saindon. Dans les régions de Saint-Quentin
s’établirent les descendants d’Antoine Thériault, qui épousa
à l’Ile-Verte en 1863 Joséphine Pelletier. Ainsi que
les familles de Louis Thériault, époux d’Alphonsine Gagnon
qui eurent 22 enfants, la plus grande famille de Saint-Quentin; Pierre
Thériault, époux d’Appoline Chassé; Louis Thériault,
époux de Philomène Violette. Tous ces familles ont
pour ancêtre direct un des deux frères Thériault :
Paul et Joseph. Ces deux frère compte aussi de la descendance
à Campbellton et à Dalhousie par David Thériault (1814-1880),
époux de Christine Guérette-Dumont.
Le Madawaska,
y comprit Saint-Quentin, compte aussi de nombreuse famille Thériault;
dont leurs ancêtre son originaire de la péninsule acadienne,
attiré par la main-d’oeuvre du bois.
Dans
le Sud-Est et Baie-Sainte-Anne
Il n`y a qu’une
seule lignée de la famille Thériault dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.
Germain Terriot, fils de l’ancêtre Jehan, épousa à
Port-Royal en 1668 Andrée Brun, fille de Vincent et de Renée
Brode. Ils eurent 3 enfants dont Pierre, qui s’établit à
Cobequid (aujourd’hui Truro, N.-É.) et épousa Marie Bourg
en 1695, fille de Martin et de Marie Pothet. Leur fils Joseph se
maria à Grand-Pré le 14 octobre 1725 avec Françoise
Melanson, fille de Pierre et de Marie Blanchard. Alexis, l’aîné
des 13 enfants de Joseph et Françoise, épousa à Cobequid
vers 1747 Madeleine Robichaud, fille de Jean et de Marie Léger.
Alexis est décédé vers 1759. Sa veuve et ses
enfants était prisonniers au fort Edwards (aujourd’hui Windsor,
N.-É.), en 1760. On les retrouves à Halifax en 1763.
Après le traité de Paris en 1763, Joseph, fils d’Alexis et
Madeleine, ira s’établir à Fourche-à-Crapeau, sur
la rivière Petitcoudiac, un peu à l’ouest de Moncton, en
1782, accompagné de son épouse, Isabelle Surette, fille de
Joseph et Isabelle Babineau. Délogés d’une part par
les soldats mercenaire à la solde des Anglais qui arrivaient dans
la région vers 1766, puis d’autre part par les loyalistes vers 1784,
nos ancêtres durent abandonner les lieux. C’est ainsi que Joseph
Thériault se rendait, avec quelque compagnons, dont Grégoire
Thibodeau, François Robichaud et Joseph Léger, fonder une
nouvelle colonie acadienne sur les bords de la rivière Aboujagane.
Il semble que
cette famille Thériault fut moins prolifique que les autres familles
puisque que nous comptons qu’une dizaine de familles Thériault dans
le sud-est qui soit descendant de cette branche.
Les Thériault
de Baie-Sainte-Anne ont pour ancêtre des Madelinos qui sont venus
s’établir au début du 20ième siècle.
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